Crise de nerfs, meltdown, auto-agressivité
Extrait d'un texte écrit en 2001, j'avais alors 39 ans
[...]
Devant
une telle crise de nerfs, je suppose que les gens autour de moi se
trouvent désemparés, désorientés voire effrayés. Lorsque je suis trop
énervée, je ne trouve plus les mots pour pouvoir m’expliquer calmement.
J’admire les personnes qui peuvent se sortir d’une crise en parlant
posément et en trouvant des arguments pour leur défense. Enfant, j’ai
toujours été surprotégée. Maman me dit souvent que j’étais une enfant
calme et la seule grosse bêtise que j’ai faite est celle qui a failli me
coûter la vie, et que mon caractère est devenu un peu plus difficile à
l’adolescence bien que je sois toujours restée très réservée. En
m’élevant de la sorte, étant toujours aux petits soins avec moi, me
considérant comme une enfant douée pour qui, il n'était pas nécessaire
de s’inquiéter, ne m’autorisant pas à faire certaines tâches car je
travaillais bien à l’école, m’a enfermée dans une sorte de bulle idéale.
Lors d’une altercation, je perds mes moyens, je ne peux pas raisonner
clairement, de plus, je n’ai aucune prédisposition aux échanges verbaux.
Maman m’a toujours défendue et je ne sais pas le faire toute seule. En
ce moment, je questionne beaucoup Maman sur mon passé car j’ai
l’impression qu’il y a comme des oublis importants de ma part, elle veut
toujours me considérer comme sa petite fille et me répète sans cesse
que j’étais une enfant calme.
Le fait de me mordre
pendant la dernière dispute a fait remonter des souvenirs en moi dont
j’avais occulté l’existence durant ces nombreuses années. Je pratiquai
déjà le dessin, et restai souvent enfermée dans ma chambre pour avoir la
paix, j’utilisai des lames de rasoir pour découper mes feuilles de
dessins.
Des images me reviennent à l’esprit. Je me faisais
souvent sur l’intérieur des avant-bras plusieurs dizaines d’écorchures
avec la lame, j’entamais suffisamment ma peau pour laisser apparaître
quelques gouttes de sang et formais des sortes d’échelles d’une dizaine
de centimètres sur cinq. Je ne me souviens pas de la raison pour
laquelle je me faisais ces scarifications, mais j’ai une vision très
précise du moment où je passais la lame sur ma peau et une sensation de
fascination qui m’inquiète aujourd’hui. (J’en parlerai à mon psy dès la
prochaine séance, si j’y pense !)
Je portais souvent
des chemisiers à manches longues ou bien des sweat-shirts et est-il
possible que mes parents n’aient rien remarqué de ce comportement
étrange. S’ils avaient décelé quelque chose, ils auraient dû me faire
consulter un psychologue. J’avais aussi des accès de colère, et je me
souviens de la fois où j’ai explosé le réveil contre le mur parce que
Papa avait pianoté sur les volets de ma chambre en passant dans le
jardin. Il avait imité un rythme de tambour pour s'amuser, et je me suis
mise à hurler «Ah ! Foutez − moi la paix ! » Et j’ai jeté le réveil car je l’avais en main pour le régler, cela aurait très bien pu être autre chose ! [...]
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