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jeudi 26 novembre 2015

À Dieu plutôt qu'à ses saints !

À Dieu plutôt qu'à ses saints !

30 juillet 2014, 14:09
Ce matin, allant faire une prise de sang de contrôle,   le docteur biologiste a (r)éveillé en moi une prise de conscience.
Je me le disais bien souvent  à demi-mot, la raison de mes études de psychologie et la raison des choix d'orientation de mes stages.  Là, il a prononcé le terme, le terme exact. Et si j'emploie "terme",  synonyme de "mot"  mais également synonyme de "fin" c'est que cela montre bien au final, l'issue, la fin, la compréhension doublée de la raison initiale de ces études longues de psychologie. Le mot prononcé par le docteur a été "exogène".

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Revenons sur les circonstances de la prononciation de "exogène".
Le médecin, qui aime bien parler avec sa clientèle, sa patientèle, homme charmant au doux accent du midi qui me fait lui demander parfois de répéter parce que je n'ai pas saisi le sens dû au fait de la prosodie chantante qui a provoqué en moi une mauvaise césure de sa phrase,  des syllabes errantes,  rattachant une syllabe finale à un mot débutant. Mon regard perplexe ponctué par un "Comment ?" lui intimant l'ordre expresse de redéfinir sa pensée. "Comment ?" Le grand pouvoir de ma communication. "Comment ?" "Pardon ?" "Quoi?" et même "Hein?" parce que comme je le dis souvent, j'ai le cerf-volant, le cerveau lent alors que je suis intelligente me dit on souvent et que j'ai fait de hautes études.
"Bah wesh", "ben ouais", "et bien oui", j'ai validé mon master 2, je suis psychologue clinicienne enregistrée sous numéro ADELI (répertoire des professionnels de  santé) à l'ARS  (agence régionale de santé) et ce numéro obtenu il y a près de trois ans reste en attente imprimé sur une feuille et enregistré dans les bases informatiques , Automatisation DEs LIstes....


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Revenons à "exogène" :
Le docteur est allé pratiquer comme chaque matin des prises de sang aux pensionnaires de la maison de retraite (EHPAD) voisine. Cela le chamboule même s'il devrait s'y habituer. De vieilles dames criant "Maman ! Maman ! Maman !" à celles qui chuchotent "....maman... maman... maman.." à ce vieux monsieur qui hurle "Ma..a.....m...man !" ou une dame attendant persuadée que son mari vienne la chercher alors qu'il est décédé bien avant son placement.... Il ne s'y fait pas, il le devrait,il est médecin....
Je lui dis, je résume parce que c'est long,  que la mort est inéluctable, que c'est pour cette raison que je n'ai pas fait de stage de psychologie en EHPAD, je n'aime pas voir les vieilles personnes et que la vue de la décrépitude me heurte.  "J'ai choisi de faire mes stages avec des alcoolodépendants le plus souvent ou avec des personnes ayant des dépendances." (alcool, drogue et même suicide...)

 LUI : "- Oui, tout ça reste exogène... Ce n'est pas comme la vieillesse. On vieillit tous... "



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 LUI :"- Vous êtes psychologue... Je n'ai jamais compris comment on devient psychologue"

MOI : " - Les études universitaires sont longues, on ne devient pas psychologue comme certains le prétendent en un stage d'une semaine expliquant une psychothérapie de charlatan. C'est impossible, psychologue n'est pas inné, ce n'est pas une qualité.  On étudie les bases de la psychologie, l'histoire qui a mené aux différentes compréhension, les différents champs de la psychologie, les liens entre corps et esprit, les bases physiologiques des comportements, la psychologie cognitive et la neuropsychologie, la psychologie sociale et la compréhension des groupes, des manipulations  sociales ou de communications, des bases de l'imitation sociale, parce que le social implique des interactions donc j'ai aussi étudié le champ de la systémie, relation de soi à soi-même aux autre et à l’environnement,  mais il existe aussi la psychanalyse, très peu pour moi, je n'ai pas pris l'option , donc.... On étudie aussi des champs issus de l'éthologie,  psychologie en lien avec les animaux dans leur environnement  avec des comportement similaires chez les humains, le développement de l'humain depuis...//// (il me coupe, je balançais tout en vrac et je comptais bien faire un tri pour lui expliquer chaque morceau...)

 LUI :-Oui et vous exercez ?

MOI : -Non, parce que finalement, je n'ai pas trouvé de poste  et que je suis très contente d'avoir fait mes études, ça me suffit... Pour en revenir à "psychologue", je ne suis pas "psychologue" , je n'ai pas de tact,  une fois, j'ai dit  à mon père qu'il va bien mourir un jour, dans 5 ans, dans 10 ans, on ne sait pas,  il a 85 ans, ça ne sert à rien de vivre dans l'angoisse, vous savez comment il est (il le connait bien mon papa, il connait bien toute ma famille d'ailleurs, il nous pompe le sang à tous !!!) .... Non je ne suis pas du tout psychologue, on me le reproche souvent. Je crois que j'en ai marre de l'entendre se plaindre, c'est une manière de le secouer... Ce n'est pas méchant de ma part...

 LUI : -Mais non, c'est vous qui avez raison.  Il faut parfois être dur. Je connais quelqu'un qui travaille avec des personnes en fin de vie qui m'expliquait que les gens étaient apaisés quand ils acceptaient l'idée de la mort, que les soins palliatifs et accompagnement était moins difficiles..

MOI :-Accepter que l'on doit mourir nous rend sereins, je vois ça comme ça ....

 LUI : -Bon. Les résultats après 17 heures, au revoir.



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Alors en rentrant de ma prise de sang, j'ai réfléchi. Parce qu'il a tout à fait raison. Je me suis dirigée vers des causes de souffrance "exogènes" lors de mes stages.  Quelle signification profonde  ? Quel choix inconscient ? Quelle erreur de choix ?
S'attacher à comprendre les souffrances provenant d'une cause extérieure, d'éléments externes à notre corps plutôt que de comprendre ou de chercher à explorer les causes endogènes....

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La raison profonde du choix est inavouable, je vous le dis, vous allez me détester....

Le choix de la psychologie en premier.  Ok, mais je ne voulais pas faire de la "clinique", je voulais faire de la "cognitive". Je voulais travailler avec des souris.  J'adore les souris, elles sont si mignonnes et si intelligentes, juste à voir comment elles trouvent les sorties de labyrinthes compliqués.
Déjà c'était un désir ancien parce que je voulais devenir chercheur. Je me voyais bien en blouse blanche au milieu d'un laboratoire avec des microscopes, des pipettes et des microscopes ...

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En fait, je voulais percer le mystère de la "connerie humaine"... Très tôt, j'ai pensé que tous les gens qui m'entouraient étaient bêtes (c'est un euphémisme). Et puis j'ai grandi, je suis allée à l'école, au collège, au lycée. Enfant timide et empotée, je pensais être très idiote au fond de moi mais beaucoup moins que tous les Autres qui s'agitaient, parlaient, jouaient. Alors imaginez, le niveau que ces Autres devaient avoir (pour moi)...

En étudiant la psychologie, je devrais bien obtenir un soupçon de réponse.


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J'ai mené une vie très compliquée et dans le chaos intérieur le plus déroutant, tout était mélangé et rien n'était cohérent.
Difficile de se remettre en question soi-même, j'avais le sentiment d'une folie intérieure envahissante mais sournoisement calme mêlant à la fois un imaginaire fertile, poétique et plein de rêverie, et en même temps, ou juxtaposé ou coexistant (variable) plein de violence et d’auto agressivité. Auto-agressivité imaginaire qui débordait le champ de l'irréel pour s'immiscer "tranquillement et avec une tendre fascination" à coups de rasoir délicatement posés en forme d'échelle sur mes avant-bras cachés sous mes manches longues de sweat-shirt d'adolescente.... L'invasion de mon irréalité dans ma réalité devait rester secrète, mais il y a aujourd'hui prescription puisque je suis si avancée en âge... Et puis surtout, j'ai appris à vivre.

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 J'ai appris à vivre.... C'est une bien énorme expression et reflet d'un immense mensonge. En fait, je n'ai jamais réussi à apprendre (à vivre je veux dire, apprendre, je ne fais que ça, j'apprends mais ça sert à quoi ?). Je n'arrête pas de faire semblant que j'ai appris (à vivre....) Je suis la plus grande inadaptée adaptée socialement, je donne à voir, et le reflet n'est pas si mal...  Quelqu'un de proche m'a dit et m'a blessée profondément "tu dois être dépressive"  Personne ne sait quel tumulte existe parfois dans mon corps quand tous mes sens se mélangent et m'envahissent au point de devoir gueuler, hurler et de taper ma crise de nerf... Crise de nerf ! Un mot hypocrite pour faire croire que nous sommes simplement des gens nerveux proches de manifestations hystériques !


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Cependant, en choisissant de me diriger vers des causes de souffrance exogène, je me suis fourvoyée. Volontairement,  je n'ai pas choisi de cause de souffrance endogène, j'avais un sentiment énorme et raisonnable que l'on me confonde avec des patients, donc des fous, donc une folle ...

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Je n'ai obtenue aucune réponse... Néanmoins, je suis diplômée en psychologie clinique.

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