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jeudi 26 novembre 2015

Ma théorie de la seconde morte...

Ma théorie de la seconde morte...

17 décembre 2014, 23:48
 ou la mort éternelle...
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Je dis "seconde" qui signifie une unité de temps, une des soixante parties de la minute qui ne dure qu'une seule seconde, et non pas l'adjectif qui définit une place qui fait suite à la première.

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Non, je n'imagine pas que l'on puisse mourir une deuxième fois.

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Je suis persuadée, pour ma part intimement convaincue, que nous sommes tous morts mais que peu d'entre nous le savent.

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Je pense que mon illumination soudaine, base qui m'a fait élaborer cette théorie, peut vous être contée et ensuite vous comprendrez et vous vous poserez la question.

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L'avantage d'être mort est de considérer la douleur et les épreuves, physiques ou psychiques, les ennuis journaliers, les critiques et les désamours, et tous autres tracas qui pourraient venir ponctuer notre vie apparente, comme étant des éléments inexistants, ils ne sont pas tangibles, perceptibles peut-être mais non "matérialisables" sur cette Terre...

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Il y a quelques années, je roulais sur le pont qui traverse le Lac de Saint-Cassien dans le Var, pour rentrer chez moi à Callian. Trajet habituel et répétitif que j'empruntais pratiquement tous  les lundis, mardis, jeudis, vendredis et samedis puisqu'à cette époque je travaillais à Cannes non loin du boulevard Carnot. Cette route qui défilait sous les roues de ma voiture, à l'époque une Ford Ka avec une cassette audio de Michael Jackson dans l'auto radio, me ramenait vers chez moi avec cette sensation de tapis roulant sur lequel je me déplace sans même y songer, en mode ondes cérébrales calées sur le rythme alpha  laissant voguer mes idées et mon esprit loin au dessus de mon activité physique de conduite automobile... J'avais sans cesse cette impression que mon trajet devenait de plus en plus court au fur et à mesure que les jours passaient, question d'habitude et de routine, je n'étais plus attentive au chemin  tout comme les chevaux de calèche qui connaissent tellement bien leur parcours qu'ils trottent machinalement, enfin je le suppose, je ne suis pas un cheval mais c'est tout à fait l'image mentale que je m'en fais.
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Donc, perdue dans mes pensées entre rêverie et méditation, questionnements incessants et élaboration de mille choses, de mille projets, visualisation du paysage comme un tableau, le calme limpide et miroitant de la surface lacustre, avec à ma droite  la prison de Grasse dont je reconstruis les murs invisibles et à ma gauche les collines verdoyantes qui cachent la réserve ornithologique de Fondurane (coordonnées approximatives mais sur le pont tout de même, de 43.582279,6.804119 à  43.583694,6.801426), je pense à mes enfants, je pense à ma vie, à mes tableaux, à mon travail, à rien. Je suis ici et maintenant dans un lieu et je respire et je vis...
Mais...
Quel sens a la vie ? Donner un sens à la vie, je sens la vie... Pourquoi ?

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Et là,  la révélation entre le hic et nunc et le ad vitam eternam m'a été dévoilé, en l'éclair d'une seconde, j'ai su que j'étais morte, que je ne vivais qu'une illusion.

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Ma théorie de la seconde morte ou de la mort éternelle:  perdue dans mes pensées, sur le pont, un très gros camion est arrivé face à moi, nous nous sommes croisés, je suis celle qui écrit à cet instant,  j'ai eu le sentiment que j'avais percuté le camion et que j'étais morte dans l'accident, tous mes proches me pleuraient, je ne suis plus...

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Cette "seconde", cette période temporelle,  existe dans un ailleurs dans une autre vie, dans un autre monde possible.
Mais je suis là et j'écris, dans ce monde... qui est le monde dans lequel vous me lisez.
Chaque choix (1) détermine une route à suivre, les non-choix (2,3,4,5, et cætera jusqu'à l'infini...) continuent ailleurs dans des mondes possibles dans lequel vous n'auriez pas choisi le 1 mais les autres possibilités.
Il en va de même pour la seconde morte.
Ainsi à chaque instant chacun de nous meurt, chaque seconde la mort est là nous reprenant, notre partie consciente continuant à cheminer sur la route tracée à notre naissance, l’événement 0, route 0. Notre route actuelle est le nombre de secondes vécues et nous avons laissé derrière nous toutes les autres routes à 1 seconde de différence où nous sommes morts... jusqu'au jour de notre ultime mort définitive terrestre...

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La même chose pour ceux que l'ont croient morts, ils sont morts dans notre monde à la seconde morte mais ils continuent ailleurs... Leur route a suivi la seconde supplémentaire qui nous a pourtant laissé en deuil ici...
J'en suis persuadée aussi. Ce n'est pas de la croyance en l'au-delà mais en l'existence d'un autre plan de conscience...
Je l'ai entr'aperçu...

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Pour la plupart des gens,  la sensation de vie prime et c'est beaucoup mieux de cette manière... Et ils ne se posent pas la question de savoir pourquoi ils sont en vie, pourquoi ils vivent, le but de la vie humaine sur Terre !

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Pour moi, et je ne dois pas être la seule, c'est la sensation de mort et de survie immédiate qui reste inexorablement collée dans mes neurones et dans mon corps dès que je ne pense plus à quelque chose.  Depuis toujours, c'est ainsi, surement depuis que je suis née même si j'en ai pris conscience à 2 ans. C'est-à-dire que dès que je ne suis plus occupée à observer et écouter, à me questionner ou à contempler, à vaquer à une occupation et qu'un mini silence d'une seconde se glisse dans ma tête, mon corps ou mon psychisme ou bien les deux simultanément me  le font sentir que je suis en vie, c'est une sensation hyper bizarre durant laquelle je suis plus volumineuse que  mon propre corps devenu trop à l'étroit, comme si je débordais de moi-même, comme si je dégoulinais de mon confinement,  j'ai un blanc d'une seconde qui paraît être une éternité durant laquelle j'ai l'impression de décrocher et de raccrocher une scène, je suis morte, non je vis...

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C'est ce jour-là sur le pont de Saint-Cassien que j'ai compris... que nous étions tous en sursis, à chaque seconde...

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Ce que je n'ai toujours pas compris, c'est "Pourquoi ?"

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